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Les Maisons de l'Emploi, progrès décisif de la décentralisation et défi stratégique pour les territoires

Publié le jeudi 28 octobre 2010 , par Olivier Verhaeghe
En confiant aux Maisons de l’emploi la responsabilité de la gestion territorialisée des emplois et des compétences (GTEC), l’Etat a permis aux territoires et aux structures intercommunales de prendre en charge l’animation et la définition de la politique locale de l’emploi. Ce faisant, il a aussi posé aux responsables des MDE un redoutable défi, qui consiste à réussir là où personne ne l’a fait auparavant : anticiper les évolutions locales de l’économie et de l’emploi tout en tenant compte de la capacité du marché du travail à s’adapter. Les réussites de plusieurs territoires montrent que les EPCI peuvent et doivent relever ce défi, à condition de maîtriser plusieurs prérequis essentiels.

L’ouverture de l’économie et l’intensification de la concurrence, la faiblesse endémique de la croissance, la rapidité des évolutions technologiques soumettent le marché du travail à de fortes pressions. Dans un contexte de pénurie d’emploi, les actifs, les entreprises, les acteurs du service public de l’emploi et les financeurs de la formation initiale ou de la formation professionnelle ont besoin d’une information claire et suffisamment prospective pour gérer les compétences nécessaires ou disponibles.

Traditionnellement, la réponse à ces besoins est, en France, essentiellement nationale. C’est aux partenaires sociaux et à leurs interlocuteurs (OPCA, Education nationale, ministère du travail) qu’il revient de définir la nature et les volumes des futurs besoins d’emploi, dans le cadre des branches professionnelles. Cette organisation, qui peut démontrer une certaine efficacité dans des professions structurées en période d’assez bonne visibilité économique, est évidemment largement inadaptée aux facteurs externes évoqués plus haut. Elle l’est d’autant plus à une échelle locale, l’échelle des territoires et des zones d’emploi, véritables lieux de fonctionnement des marchés du travail.

C’est pour répondre à ces constats que l’Etat a encouragé la création des Maisons de l’emploi par les structures intercommunales. Présidées par l’un des principaux élus locaux en charge de l’emploi ou de l’économie, ces associations sont appelées à animer les coopérations et les échanges d’informations entre les acteurs concernés : service public local de l’emploi voire – et de préférence – les développeurs économiques. Parmi les missions essentielles et spécifiques des MDE figurent donc l’anticipation des mutations économiques et sa traduction pour le marché du travail, la gestion territorialisée des emplois et des compétences. L’Etat confie ainsi à ces jeunes et petites associations une mission que ni les partenaires sociaux ni ses propres services ne sont parvenus à assurer dans le passé, à l’échelle des territoires et de façon pérenne.

Il y a là un double défi majeur pour les territoires : technique pour les professionnels des Maisons de l’emploi, politique pour les élus intercommunaux. La consolidation des MDE dépendra du succès des premiers, l’animation effective de la politique de l’emploi reposera sur l’engagement des seconds. Et, comme toujours en matière de développement local, la condition de la réussite sera la capacité des deux acteurs à travailler ensemble et à permettre à l’efficacité et à la légitimité politique de se renforcer l’une l’autre.

Mais comment parvenir à doter les territoires de cette vision prospective sur l’évolution de l’économie et de l’emploi ? Les approches sectorielles étant moins pertinentes encore à l’échelle locale qu’à celle du pays, quelles informations utiliser, quelles analyses mener ?

Les consultants d’ID-Act ont élaboré depuis quatre ans une méthodologie qui apporte une réponse opérationnelle à ces questions. Elle repose sur les observations suivantes :
  •  L’évolution de l’emploi dépend essentiellement de la capacité des entreprises du territoire à générer du développement. Les facteurs de croissance ou de vulnérabilité sont divers : positionnement marché, différenciation par la technologie ou les services, compétences managériales, volonté stratégique etc. Il s’agit donc de connaître les entreprises du territoire – en tout cas celles qui sont les plus concernées par les enjeux de compétitivité – au regard de ces facteurs.

  •  Certaines entreprises doivent être suivies prioritairement, parce qu’elles présentent un enjeu plus important. C’est le cas en particulier de celles qui sont concernées par les enjeux de compétitivité avec des concurrents venant d’autres territoires ou d’autres pays. Il s’agit par exemple des activités relevant de l’industrie, des services aux entreprises, du transport de fret, du commerce inter-entreprises…

 
  • La réalisation d’une étude à l’instant T n’est pas une réponse suffisante à la problématique de la GTEC. Les entreprises vivent dangereusement et il est nécessaire de détecter le plus tôt possible les bonnes ou les mauvaises nouvelles qui affecteront leur développement ou leur existence.

 
  • Ce suivi des entreprises doit être partenarial : aucun acteur du SPEL ou du développement économique n’a les compétences suffisantes, ni quantitativement ni qualitativement, pour suivre toutes les entreprises qui doivent l’être et, moins encore, pour apporter les réponses adaptées à la diversité de leurs besoins. Les MDE sont les structures toutes désignées pour jouer ce rôle d’animateur local inter-métiers.

 
  • Le partenariat requiert deux conditions préalables : une volonté politique locale clairement affichée et la prise de conscience par tous les acteurs des liens entre leurs domaines d’intervention

 
  • L’efficacité de l’animation exige en outre de disposer d’outils de partage d’informations, permettant un suivi réel, efficace et fréquent des entreprises locales.


L’approche d’ID-Act, issue d’un effort conséquent de recherche-développement et d’investissements permanents dans le développement de supports de formation, de conventions-types, d’outils informatiques dédiés permet de satisfaire à ces conditions de réussite tout en s’adaptant aux particularités de chaque territoire (implication et disponibilité des partenaires, délais de maturation du projet, ressources disponibles).

Déployée dans des territoires différents (en Nord-Pas de Calais, Picardie, Aquitaine, Franche-Comté etc.), cette démarche démontre aujourd’hui sa capacité à répondre aux besoins d’anticipation des territoires et à aider les EPCI porteurs des Maisons de l’emploi à affirmer un leadership légitime sur la coordination de la politique locale de l’emploi.

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